Les Joueurs
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Abdelatif BENAZZI
France - Maroc
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Abdelatif Benazzi est un ancien joueur français de
rugby à XV, né le 20
août 1968 à Oujda (Maroc). Il a joué en équipe de France et évoluait au
poste de
deuxième ligne ou troisième ligne centre (1,96 m pour 111 kg).
Abdelatif Benazzi est né en 1969 à Oujda au Maroc. Sa famille est un
important clan
familial issu d’une dynastie noble. Elle possède la plus grande
minoterie de la
ville. Abdelatif Benazzi vit une enfance repliée, entouré d’une famille
nombreuse.
Abdelatif est « Tabbouz », le grassouillet. Trop grand, trop
gros, trop bien
nourri, il subit moqueries et humiliations qui font de lui un enfant
renfermé.
Après avoir commencé par le football, où il était gardien de but,
puis
l'athlétisme à l'Union Sportive Oujda en tant que lanceur de poids et
de disque, il se
tourne vers le rugby à XV Il le découvre à l’âge de 14 ans. Considéré
comme un
sport de voyous, importé par les anciens colonisateurs, le rugby est un
sport peu
populaire au Maroc. Au collège, un éducateur, Souïmi, lui apprend les
rudiments du
rugby. C’est la révélation pour lui. A 16 ans, Benazzi rencontre un
français,
Reinhart Janik, qui l’initie aux subtilités du rugby au sein du club de
Oujda, la
meilleure équipe du Maroc. Benazzi est sélectionné en équipe junior
marocaine en 1985,
puis se fait remarquer dès sa première saison par des clubs français
lors de tournées
en Europe. A 18 ans il est le meilleur joueur du pays.
Il rejoint en 1988 le club de Cahors. Il parle à peine le français.
Benazzi trouve
rapidement sa place sur le terrain et devient le meilleur marqueur
d’essais du
championnat saison 88-89. Benazzi, se fait remarquer. Plusieurs grands
clubs l'observent.
C’est Agen, champion de France en titre, qui finalement fait signer
Benazzi. Agen est
un des meilleurs clubs français, et Benazzi joue aux côtés de son
idole, Philippe
Sella. Mais Benazzi va connaître l’exclusion en débarquant à Agen
pendant
l’été 1989. L’accueil y est glacial. Ses nouveaux coéquipiers du pack
le
rejettent. A l’entraînement, les mêlées tournent au pugilat. On ne lui
fait pas
jouer les matchs. Il va mettre six mois pour gagner sa place. Au terme
de la saison 1989
– 1990, Agen joue la finale du championnat de France au Parc des
Princes contre le
Racing Club de France. Benazzi entre en jeu en cours de match. Agen est
battu.
Une sélection avec l'équipe du Maroc contre l'équipe de Belgique en
1990 faillit
l'empêcher de jouer en équipe de France, où il est sélectionné par
Jacques Fouroux.
Il participe à la Coupe du monde 1991, En 1993, Benazzi est
sélectionné pour une
tournée en Afrique du Sud en 1993. Sur le plan sportif, ce voyage est
un échec pour lui
(pour cause de blessure au genou, il ne joue aucun des tests matchs).
Sur le plan
personnel, il découvre les ghettos, les townships et rencontre Nelson
Mandela.
En 1994, il fait partie de la tournée de l’équipe de France en
Nouvelle-Zélande. Double victoire consécutive face aux All-Blacks,
performance unique
dans l’histoire de l’équipe de France. Il participe à « l’essai du
bout du monde » lors du deuxième test-match. Benazzi est repéré à
l’international. On lui propose de venir jouer en Australie. Il hésite.
La
Fédération Française de Rugby met son poids dans la balance. Il reste
en France.
En 1995, il participe à la 3ème Coupe du Monde organisée en Afrique
du Sud.
L’équipe de France et Benazzi passent le premier tour en arrachant la
victoire
contre l’Ecosse. Puis ils se qualifient pour les demi-finales en
disposant de
l’Irlande. Et c’est contre les Springboks que la France va jouer sa
place en
finale. Le 17 Juin 1995, à Durban, sur les bords de l’Océan Indien, la
pluie ne
cesse de tomber transformant la pelouse en rizière, le match est
injouable. Le coup
d’envoi est retardé d’une heure et demie. Le match se déroule dans des
conditions météorologiques dantesques. Benazzi marque à deux minutes de
la fin,
l’essai qui ouvre à la France les portes du paradis. Mais l’essai est
refusé
pour quelques centimètres. La France n’ira pas en finale de la Coupe du
Monde.
En novembre 1996, Benazzi est nommé capitaine de l’équipe de France
par la
volonté du président de la Fédération. Lors du tournoi des cinq nations
1997, la
France bat l’Angleterre chez elle à Twickenham lors d’un match à
rebondissements. Lors du dernier match, contre l’Ecosse au Parc des
Princes, Benazzi
marque le premier essai Français. La France réalise le grand Chelem.
La même année, Benazzi est nommé au Haut Conseil à l’Intégration par
Jacques
Chirac. Il va y passer trois ans sous la direction de Simone Weil. Mais
à partir du
deuxième semestre 1997, Benazzi va voir en quelques mois, son étoile
pâlir. Après une
tournée maussade en Australie, l’équipe de France subit une véritable
déroute
contre l’Afrique du Sud au Parc des Princes en novembre 1997. En tant
que Capitaine
et « ancien », il est mis au ban des accusés. Et deux mois
plus tard en
janvier 1998, il se blesse gravement à un genou, il lui faudra plus
d’un an pour
revenir.
En 1999, après plus de 12 mois de galère physique, il est
sélectionné
« in-extremis » pour sa troisième Coupe du Monde. Après un
début de
compétition laborieux, à l’instar de toute l’équipe de France, il joue
sa
deuxième demi-finale de Coupe du Monde contre des All-Blacks
archi-favoris emmenés par
Jonah Lomu. Après un match historique et un incroyable retournement de
situation, la
France bat la Nouvelle-Zélande et se qualifie pour la finale. La finale
oppose
l’Australie à la France, le 6 novembre 1999. La France perd.
Le 9 Mars 2000, il reçoit les insignes de chevalier de la Légion
d’honneur des
mains de Martine Aubry, alors ministre de l’emploi et de la solidarité.
Le 20 mars
2000, Benazzi est reçu à l’Elysée lors de la première visite en France
du roi
Mohammed VI.
L’Angleterre est son dernier challenge sportif, où il retrouve comme
entraîneur
au club des Saracens, François Pienaar, le capitaine des Springboks
sud-africains, qui
l’avait battu en 1995. Benazzi raccroche définitivement les crampons en
mai 2003 à
l’âge de trente quatre ans.
Président de l’Association Noor, il mène une action au Maroc visant
à
l’insertion des enfants par la pratique du sport, notamment par le
ballon ovale.
Quelques 1 000 jeunes Français et Marocains ont bénéficié de séances
d’initiation données par des stars du sport national et international
telles que la
championne olympique Nawal El Moutawakil, Aziz Bougja, président de la
Confédération
africaine de rugby, Pascal Gentil, triple champion du monde, Stéphane
Mifsud, champion du
monde de plongée et des fameux rugbymen Laurent Benezech, Laurent
Cabannes, Olivier Merle
et Olivier Roumat. Il s’agit également, selon l’international marocain,
de
développer les autres activités sportives. « Mais si nous nous
focalisons
actuellement sur le rugby, c’est parce que l’on pense que le Maroc a
toutes les
chances de se qualifier à la Coupe du monde, qui sera organisée en
France en
2007 », ajoute-t-il.
De tous les internationaux rugbymen français, il possède la
particularité d'être le
seul sélectionné international dans deux pays distincts, le Maroc et la
France.
Il a co-écrit en 2005 avec le journaliste sportif Richard Escot
l'ouvrage Benazzi,
une vie à l'essai, éd. Flammarion, préfacé par Nelson Mandela.
Michel Gardère lui
a consacré un livre intitulé Abdelatif Benazzi - l'homme aux trois
patries : la
France, le Maroc, le rugby, éd. La Table Ronde, 1995. En 2007, il
publie "XV
leçons pour coacher votre équipe et réussir dans vos entreprise", aux
éditions
Maxima.
Il a été membre du Haut conseil à l'intégration.
(source : Wilkipédia 2008)

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